La littérature étrangère au Vietnam

Update : Après plusieurs remarques, plutôt pertinentes, sur le fait qu’il y a d’excellentes bibliothèque à Hanoi, je tiens à préciser que cet article parle uniquement des bookshop et autres lieux d’achat de livres neufs ou d’occasion !

Bonne journée !

On me pose souvent la question, trouve-tu de quoi lire au Vietnam ?
La réponse est NON !

Littéralement désespérant, à croire que les gens embarquent avec eux tous les livres qu’ils ont honte de lire en France et s’en débarrasse avant leur retour comme on cacherait l’arme d’un crime sordide.
Non mais merde, touristes Francais ! vous ne pourriez pas penser aux pauvres expatriés que nous sommes, crevant parfois d’ennui, isolés de tout savoir, rêvant d’un livre qui nous fasse à nouveau partir ailleurs et nous fournisse matière à imagination !
La culture littéraire au Vietnam est pauvre, la lecture n’est pas d’une utilité primordiale ici et il m’arrive parfois de lorgner vers de sombres ouvrages dans l’objectif d’en extraire l’unique qualité, parfois absente, qui le rendra moins merdique qu’il n’y parait. Au lieu de ça, vous amenez avec vous de ces livres que l’on emballe dans du papier opaque pour que personne ne puisse lire le titre dans le métro. Ces livres qu’on commande sur internet pour ne pas se confronter à la gueule blazé du libraire, ces ouvrages érotico-romantico-débile qui se lisent aussi vite qu’ils s’oublient. Les laisser derrière vous, dans un état pitoyable, couverts du sable des plages en carton-pâte de vos rêves, écornés d’avoir été trimballé sur les 36 destinations que vous avez visité en deux malheureuses semaines éreintantes.

À quelques rares exceptions, j’ai pu trouver de quoi satisfaire ma faim, les Mythologies de Roland Barthes dans un boui-boui à Bangkok, tenu par une vieille femme qui m’a regardé et m’a dit « vous lisez trop », les Tristes Tropiques de Lévi-Strauss qui ne m’ont jamais paru aussi joyeuses dans une sinistre agence de tourisme multi-fonction à Hanoi, les lettres de Balzac à Mme Hanska à Koh Chang, l’île sans éléphants, du Irving usé dans une librairie décrétée moderne par les Hanoien, et ô miracle du Desproges qui a illuminé mes soirées.

Petit classement non-exhaustifs des ouvrages cultes revendus par les étrangers en Asie du Sud.

P.S  :  Bon d’accord, j’avoue tout, j’adore Jurassic Park, c’est le roman de mon enfance lorsque j’avais encore la prétention de devenir paléontologue. Pardon.