Rooo, non ! Un truc à lire !

Bin oui, mais bon, le dessin ne vient pas toujours, j’ai des périodes avec et des périodes sans. Alors j’attends que ça revienne et autour de moi les gens s’inquiètent. Mais rassurez vous, ça reviendra, et pour le prouver une petite anecdote…

Il y a une semaine, une partie de l’électricité a sauté chez moi, mon appartement coupé en deux, le mur avec le télé, le frigo, l’ordinateur et toutes les choses vitales sans alimentation, le mur avec ma lampe en bambou « je suis une connasse qui aime le naturel » 100% pur jus, no problemo. Je suis donc allé tripoter mon compteur électrique, mais il m’a à moitié sauté à la gueule, un compteur vietnamien, c’est très sauvage, ça vit dehors, sous la pluie et l’humidité, nourri au grand air,  courageuse mais pas téméraire, j’ai appelé un service de dépannage en urgence, mon temps de survie était désormais compté, chaque jour m’éloignais un peu plus de la civilisation.
Ils sont arrivés le lendemain, deux hommes, un vieux et un jeune à qui je n’aurais pas prêté mon tricycle, ils n’avaient rien d’autre en main qu’un unique tournevis jaune au manche pété, pas de câble, pas de sacoches à scratch, pas de joli costume orange ou de chaussure en crêpe pour éviter l’électrocution, des hommes, des vrais. Ils sont arrivés, j’avais deux mots de vietnamiens, ils en avaient trois d’anglais, ça compliquait les choses, après moult signes, démonstrations, ils ont fini par comprendre que ma télé ne marchait plus, alors ils sont allés voir, et gentiment m’ont rebranché la télé avec un sourire aimable et compatissant. Il a fallu que je leur démontre que je n’étais quand même pas conne à ce point, oula, que n’avais-je point fait… Le petit jeune m’a demandé des ciseaux, je lui ai donné, il les a alors planté dans la prise électrique ignorant le manche en métal conducteur. J’ai crié comme un dauphin en fermant fort les yeux pour ne pas voir un mec mourir sous mes yeux, et puis je me suis rappelé que la prise ne marchait pas. J’ai rouvert les yeux lâchement, il était toujours bien vivant, mais j’ai compris que je ne pourrais rien obtenir d’une personne qui fait les mêmes conneries qu’un enfant de trois ans. J’avais face à moi les Mac Gyver Vietnamiens élevés au grain, ceux qui sortent d’une école où ils apprennent à tout faire avec les moyens du bord.

  •  » Bon, les enfants, aujourd’hui on va apprendre à réparer un pneu sans pneu, à faire une omelette au jambon et à imiter la loutre en milieu hostile, tous à vos cahiers ! »

Ils ont fait tout le mur en plantant l’un les ciseaux, l’autre le tournevis, histoire de voir, ils ont démontés les prises à mains nues sans débrancher le compteur, ils ont remonté les prises, ils sont montés, descendus, ont ouvert toutes les fenêtres, appelé des collègues à eux qui sont venus voir, ont fait tout pareil et sont repartis en disant « je sais pas, démerdez vous », ils ont déménagé mon canapé, mon bureau, ma bibliothèque, m’ont laissé seule au milieu de mon salon par terre à me geler le cul pendant que les gens visitaient. J’ai eu le droit à environ cinq sourires fessiers, comme si le fait d’être technicien imposait nécessairement qu’on affiche sa raie poilue et son cul boutonneux fièrement au monde entier. Ils ont fait des trucs stupides, ils ont tiré des fils à droite à gauche, en bref, ils n’avaient jamais eu affaire à l’électricité de leurs vies. J’étais ravie. Et en plus, je n’avais pas la sensation de perdre mon temps.
Et puis d’un coup, ils ont remballé, et ils sont partis, il m’a fallu un temps de réaction avant de cavaler derrière eux et de leur barrer le chemin.

  •  Mais vous allez ou ? c’est pas réparé !
  • On peut rien faire, vous n’avez qu’a brancher les trucs sur le mur d’en face
  • Non y’a pas moyen, je vais pas vivre dans la multiprise pour compenser votre ignardise ! Vous allez rester là même si je dois vous kidnapper et vous enfermer et vous faire souffrir.
  • (Gueule de 3 mètres de long) Bon d’accord on reviens demain
  • À quelle heure ?
  • 12h
  • Ok, Au revoir

Le lendemain à 14h, j’attendais encore, seul le petit jeunot est revenu, avec pleins de fils rouges et jaunes dans la main, ça lui faisait comme un bouquet de fleurs. Il a commencé à les planter dans mon compteur électrique tout pété, comme ça, dans quelques temps, le jour où le compteur brûlera définitivement, ils pourront jouer au fil Vietnamien. Vous ne connaissez pas ce jeu ? C’est comme la roulette Russe mais version Vietnam, 30 Vietnamiens, 30 fils dans mon compteur, un seul qui marche, le premier qui touche le fil branché à perdu, mwarf mwarf mwarf, amazing !

Mon compteur ressemble désormais à un gros bouquet lui aussi, mon mur ne fonctionne toujours pas, il n’a fait que rebrancher la télé, parce que dans ce pays, il vaut mieux vivre dans une baraque en tôle et en carton, avec rien à bouffer plutôt que de se passer de la télé.
C’est bientôt le Têt, le nouvel an Vietnamien, la semaine prochaine, tout le Vietnam sera paralysé, les commerces, les banques et tout le reste, rien ne marche. Dieu merci, j’ai ma télé.

Et Chúc mừng năm mới of course !

Simili-Marion Montaigne toi même !

J’ai pris un pari avec Guillaum, nous déguiser en pingouin et en poule pour parler de Foucault (Michel Foucault, le vrai, pas celui qui fait des recherches avec des pendules, arnaqueur !)

Vous pouvez allez voir la note de guillaum en cliquant sur l’image, moi je me met au boulot !

La suite dans le blog (suspense, suspense !)

Podcast France Inter

Car oui, même Brigitte Patient le dit : Je suis une star

Le podcast France Inter, où vous pourrez écouter ma charmante voix mal à l’aise, c’est par ICI

4 minutes à commencer tous mes débuts de phrase par « euuuuuuuh » et la désagréable sensation que malgré des années de brimades scolaires, je n’ai pas réussi à me défaire de mes tics de langages (c’est HYPER chiant). En tout cas, c’était rigolo, merci France Inter, merci Brigitte Patient, oui, je sais, je suis une coincée de la discussion (c’est pour ça que j’ai un blog) mais ça m’a fait plaisir de participer à un bout de votre émission.

Merci aux proches qui se sont collés dans leur cuisine glaciale, sans la lumière pour pouvoir m’écouter avant de retourner se coucher !

Bisous

Ps : et si j’avais dis…

La volaille, les oiseaux et le Vietnam

Update : On m’a signalé que mes couleurs étaient un peu fadasses, voir illisible, j’ai tout passé en noir, mon pigeon a perdu ses belles couleurs mais maintenant, c’est lisible ! Also, il paraît que mon template wordpress est casse pied pour les messages, je reprécise que vous devez remonter en haut de l’article (rhhhaaaa MON DIEU RUPTURE DE TENDON DU DOIGT !) si vous souhaitez laisser un message, désolé pour ça, j’aimais ce template peu importe ses défauts. 🙂


Merci Monsieur qui m’a posé la question !

La notion espace public / espace privé à Hanoi

Oui, je sais, j’ai été particulièrement malpolie, j’étais en vieux calebard troué, pas lavée, et franchement mal à l’aise. Je le croise tous les jours, j’ai découvert qu’en fait, il travaillait en bas de chez moi, j’ai honte mais après tout, c’est pas une raison pour se croire dans un cyber-café, la barrière de la langue n’est pas une excuse pour faire ta vie chez les gens ! C’est vrai qu’au Vietnam, la notion espace public / privé est très loin d’être la même qu’en France, les boutiques donnent sur la rue et sont aussi des salons ou des chambres à coucher. Du fait de leur passé communiste, ils sont encore dans une logique de partage, plutôt que dans une logique d’individualité, parfois c’est chouette, parfois c’est chiant !