Podcast France Inter

Car oui, même Brigitte Patient le dit : Je suis une star

Le podcast France Inter, où vous pourrez écouter ma charmante voix mal à l’aise, c’est par ICI

4 minutes à commencer tous mes débuts de phrase par « euuuuuuuh » et la désagréable sensation que malgré des années de brimades scolaires, je n’ai pas réussi à me défaire de mes tics de langages (c’est HYPER chiant). En tout cas, c’était rigolo, merci France Inter, merci Brigitte Patient, oui, je sais, je suis une coincée de la discussion (c’est pour ça que j’ai un blog) mais ça m’a fait plaisir de participer à un bout de votre émission.

Merci aux proches qui se sont collés dans leur cuisine glaciale, sans la lumière pour pouvoir m’écouter avant de retourner se coucher !

Bisous

Ps : et si j’avais dis…

La volaille, les oiseaux et le Vietnam

Update : On m’a signalé que mes couleurs étaient un peu fadasses, voir illisible, j’ai tout passé en noir, mon pigeon a perdu ses belles couleurs mais maintenant, c’est lisible ! Also, il paraît que mon template wordpress est casse pied pour les messages, je reprécise que vous devez remonter en haut de l’article (rhhhaaaa MON DIEU RUPTURE DE TENDON DU DOIGT !) si vous souhaitez laisser un message, désolé pour ça, j’aimais ce template peu importe ses défauts. 🙂


Merci Monsieur qui m’a posé la question !

La notion espace public / espace privé à Hanoi

Oui, je sais, j’ai été particulièrement malpolie, j’étais en vieux calebard troué, pas lavée, et franchement mal à l’aise. Je le croise tous les jours, j’ai découvert qu’en fait, il travaillait en bas de chez moi, j’ai honte mais après tout, c’est pas une raison pour se croire dans un cyber-café, la barrière de la langue n’est pas une excuse pour faire ta vie chez les gens ! C’est vrai qu’au Vietnam, la notion espace public / privé est très loin d’être la même qu’en France, les boutiques donnent sur la rue et sont aussi des salons ou des chambres à coucher. Du fait de leur passé communiste, ils sont encore dans une logique de partage, plutôt que dans une logique d’individualité, parfois c’est chouette, parfois c’est chiant !

Je suis une star

Wouuuuuuuuuuuuuu !

J’ai été contactée par France Inter pour participer à un petit (très petit) bout d’émission, sur la matinale. Je serais donc dans l’émission Un jour tout neuf, le lundi 28 novembre, de 5h à 6h (mais je passe vers 5h10, quelque chose comme ça), oui je sais, c’est l’heure des éboueurs et des infirmières, mais peut importe. Donc, je vais être interviewée par Mme Brigitte Patient sur ma vie d’expatriée à Hanoi, 4 minutes très très palpitantes qui vont vous faire découvrir un monde fabuleux de motos qui puent et de poules citadines, amazing je vous dis !

La grande classe…

Motorbike helmet in Vietnam / Les casques de moto au Vietnam


Now, imagine you… Riding a beautiful motorbike, only you and the road, no rules, just wind in your face and freedom in your heart. The sun shining but, suddenly, a fucking chicken crosses the road ahead, you’re a poultry lovers, you can’t crush it, you try to avoid it, but it’s too late. You brake and lose control. You hit the ground, your face gently scratching the asphalt. Kindly, the ckicken runs to the side of the road, like that you have more space to sprawled all over. What will happened next with a vietnamese motorbike helmet ? / Maintenant, imaginez vous… Chevauchant une magnifique moto, juste vous et la route, pas de règles, le vent dans la face et la liberté dans le coeur. Le soleil brille mais, soudainement, un putain de poulet traverse la route devant vous, vous êtes un amoureux des volailles, vous ne pouvez pas l’écraser, vous essayez de l’éviter, mais c’est trop tard. Vous freinez et vous perdez le contrôle. Vous heurtez le sol, votre visage égratignant délicatement la route. Avec gentillesse, le poulet court sur le côté de la route pour vous laisser plus d’espace pour vous vautrer tout partout partout. Qu’arrivera t-il ensuite avec un casque de moto Vietnamien ?

La province de Hoa Binh – Ngoc Son Ngo Luong

À la découverte des Muong

J’ai horreur du « voyage », en règle général, j’aime m’installer quelque part et y rester. Non pas que la découverte m’effraie, mais les chemins sur lesquels on m’invite sont souvent d’un ennui mortel. Un décor construit à la mesure du touriste (très basse la mesure), de l’authentique en toc, du traditionnel en béton mauvaise qualité. Je me suis faite avoir une fois, une visite éclair de la baie d’Halong, embarquée sur une belle jonque avec des voiles en option et un gros moteur qui proute. On a fait l’intégral du parfait connard, ils ne m’ont rien épargné, la grotte éclairée au néon multicolores avec musique synthé tout le long du trajet et poubelle en forme de dauphin, village de pêcheur coulant sous le poids des trop nombreux touristes ébahis de voir des poissons – Chéri ! Chéri ! Regarde ! Une truite ! – micro-plage surbondées où j’ai été photographiée sous tous les angles par une bande de Coréen pervers qui voulait jouer à pince mi, pince moi sous l’eau bleue délicatement saupoudrée du blanc pur des sacs plastiques et morceaux de polystyrène rigolos. Entre deux cuites au Xo (prononcez zio, alcool local qui ressemble à la vodka mais pas fait pareil, ça déchire la tête), je me suis cependant bien amusé, c’est pas tout les jours qu’on assiste au vrai spectacle du kitsch, celui avec les paillettes qui font chling chling et les fleurs en plastiques poussiéreuses qui clignotent.

Quand on m’a proposé de partir à Ngoc Son, j’ai freiné des 4 fers, un trek de trois jours dans les montagnes ? Pas moyen, pour me faire dévorer la tête par des araignées, encorner par un buffle ou finir noyée dans un champ de boue, merci mais non merci. La nature naturelle, avec des choses vivantes dedans et des gens qui vous collent au train pour vous vendre des cartes postales, c’est pas mon truc non plus ! Je voyais déjà le programme, la visite de village poussiéreux où les maisons sont des musées vivant, où rentrer chez les gens comme dans un moulin avec ses chaussures pleines de boue est une règle, le genre de visite touristique ou chacun de vos pas est destiné à vous emmener dépenser de l’argent dans des cuillères en bois et de l’artisanat 100% synthétique – Regarde chéri ! Une sculpture traditionnelle en forme de bite !
Je n’avais vraiment pas envie d’y aller, mais j’étais invitée, alors je suis partie, avec une trousse de voyage à la GI Joe, couverture de survie, capsules pour l’eau, batterie de médicaments, 6 paires de chaussettes en cas de taulage dans l’eau, et une polaire North Face pour  parfaire l’attirail gros plouc en randonnée, celle que tu accroche autour des reins quand tu réalise qu’il fait 30 degrés mais que t’as nulle part où là caser. J’avais l’air d’une conne, une nana qui part en trek quoi.

Après un voyage de plusieurs heures dont la majeure partie sur des routes défoncées qui m’ont permises d’approfondir de manière intime mes relations avec le plafond de la voiture, on est arrivé à une sorte de maison communale où l’on a rencontré le grand patron qui nous a longuement expliqué des choses en Vietnamien, on a tous hoché sagement de la tête en sa parant d’un regard  » Je comprends parfaitement ce que tu dis car malgré la barrière de la langue, nous sommes intimement connecté du cerveau « , on ne sait pas trop pourquoi on est venu là, mais c’était nécessaire à priori. Ensuite nous sommes repartis vers une petite auberge, dans le milieu de nulle part, une auberge où il n’y avait même pas de coca sa race ! Par contre, il y avait des poules, des poules à la pelle, dans les fourrés, dans les buissons, dans les arbres, dans la cuisine, partout. Sensation étrange d’aller au fond du jardin, dans les toilettes artisanales, de se retrouver cul nul à pisser et d’être matée de côté par 30 poules (vous savez, ce regard biaiseux de volatile). Bientôt un réalisateur fou arrivera à faire un film avec des poules qui picorent les gens à mort, en attendant, j’avais toujours mon imagination pour me permettre de flipper. Je sais, je sais, on parle de poules, pas d’énormes bêtes pleines de dents, mais pour une citadine, une poule reste un animal curieux, d’ailleurs au zoo de Hanoi, il y a pleins de cages remplies de poules, à défaut de trouver d’autres animaux vivants dans le reste du pays.

Bref, on a commencé le voyage là, avec deux verres de xo dans l’estomac, trăm phần trăm (cham fon cham = 100% = cul sec !) Le voyage me paraissait déjà plus joyeux ! je ne tiens absolument pas l’alcool, encore moins celui qui a été crée au fond du jardin par le patriarche de la famille dans des cuves en vieux métal, on a marché, marché, marché, et plus on marchait, plus le décor semblait s’adapter parfaitement à nos désirs. Ce genre de panorama qui est tellement beau, tellement parfait qu’il vous semble totalement faux, construit de toutes pièces pour vos petits yeux. J’avais la sensation d’être dans un décor de cinéma, un faux décor, ça m’a presque gâché mon plaisir ! Tout était mignon, les petites barrières en bambou, les petites fleurs blanches sur fond de montagne asiatique, les rivières chantantes, les cascades fabuleuses, les rizières finement illuminées, les gens souriants, les buffles, tout… Tout y était… À gerber de beauté.

Alors, oui, on a eu le droit aux activités de touriste, une heure à couper du riz en détruisant la moitié du champs de la pauvre dame qui avait accepté qu’on se prête à l’exercice, une heure de ramassage de cacahuète (je ne sais pas pour vous, mais j’ignorais totalement à quoi pouvait bien ressembler une cacahuète dans son environnement naturel. J’ai découvert que ça poussait sous terre, et que les manger directement comme ça, c’était vachement dégueulasse, c’est tout blanc, tout mou avec un jus gras qui vous reste au fond de la gorge) et le guide nous a ensuite fait manger du riz collant et des cacahuètes grillées en disant « Vous avez bien bossé, vous pouvez manger le fruit de votre labeur ». Pendant 3 jours, on a été les Marie Antoinette du Vietnam, je ramasse le riz, je le fais sécher, je le passe au tamis, j’enlève la petite coquille protectrice et en moins d’une heure, j’ai un délicieux riz blanc dans mon bol. On a fait semblant d’y croire, pour leur faire plaisir. On en a presque oublié qu’une vie de fermier, ce n’est pas une heure par jour, pour le kiffe, m’imaginer penchée dans une rizière, les pieds dans la bouillasse, avec des bêtes qui te rampent dessus, te mordent, te piquent, ne m’a pas fais bicher. Je n’ai pas trouvé ça drôle mais c’était plutôt très instructif. On a amené une vache brouter dans les champs, on a couru après elle ensuite parce qu’on l’avait attaché n’importe naouakement, je me suis bouffée la gueule dans une rizière, on a patouillé dans de l’eau à 3° pour le style – Ouaiiiiis, j’ai nagé dans une cascade fabuleuse ! Avec de l’écume qui jaillissait comme des licornes ! Nen nen, l’eau était plutôt bonne – on a bouffé des sauterelles grillées, ramassées devant nos yeux,  et on a marché dans de la bouse, l’équivalent du caca de chien parisien en plus imposant, on a assemblé trois bouts de fils dans une écharpe sur un métier à tisser moyenâgeux en s’extasiant et on a dormi à même le sol sur des « matelas » traditionnels qui se rapprochent plus de nos carpettes française. L’aventure quoi.

Mais bordel, ce que c’était beau, le soleil sur les rizières, la brume dans les creuset des vallées, les gens souriants qui ne vous regardent pas de travers et se foutent gentillement de votre gueule quand vous glissez dans la boue malgré le fait qu’ils vous tiennent par la main, les maisons traditionnelles dans lesquelles on a dormi, les habits multicolores, les buffles qui se baladent comme ils veulent, les cascades bleuuuuueeeeeeesssss, les fleurs blanches et l’impression de découvrir quelque chose même si tu n’as que l’équivalent de trois mots sur un dictionnaire.

J’ai l’air de me moquer, c’est pas faux, on ne découvre pas une culture aussi complexe que celle des Muong en trois jours, seulement, c’est probablement là que j’ai vu les plus belles choses au Vietnam. On a tous eu le bide défoncé par les litres de xo que les gens du coin vous obligent à boire avant chaque repas, après chaque repas, entre deux messages de remerciement, một, hai, ba, ZÔ ! (Un deux trois Zo ! = Un deux trois cul sec !). C’est terrible ce que ça picole chez eux… Pas moyen de refuser, si tu refuses, t’es vraiment une grosse lopette, et en plus tu insulte l’hôte de maison. Alors tu bois, tu as la sensation d’avaler des verres de dissolvant mais tu t’accroche, pour être polie, le coeur au bord des lèvres, la main déjà plongée dans l’assiette de cacahuète pour faire passer le goût pendant que les poules te regardent en biais t’étouffer en silence.
Et là, référence de beauf, tu ne peux pas t’empêcher de penser à cette scène dans les Bronzés font du ski, où les mecs boivent un alcool venu d’une bouteille avec un crapaud dedans. Un peu honte de moi, mais dans ces situations là, on se raccroche à ce qu’on peut.

Après plusieurs verres, tu titubes jusqu’au fond du jardin, tu te pisses à moitié dessus, mais tu as trop peur pour prendre tes aises. Ils ont une ampoule tous les 3 kilomètres, la nuit là bas, c’est la vraie nuit, celle où tu te vautres en grognant par terre, où tu entends des bruits étranges dans les fourrés, où des araignées te tombent dessus si tu a la malchance de devoir passer sous un arbre. Après 6 heures de marches dans les cailloux, une douche en pleine air dans un baquet et l’alcool, peut importe où tu dors, tout te parait confortable, l’os de ta hanche s’use littéralement sur le plancher de la charmante maison sur pilotis mais l’alcool te maintient boulonné par terre, tu te retourne dans tous les sens en serrant un oreillerfeuilledepapier dans tes petits bras, tu te demande ce qui te chatouille le pied mais tu ne veux surtout pas regarder, et tu t’endors entre deux pets et trois ronflements parce que l’intégralité des habitants de la maison dort avec toi dans la même pièce. Le matin, les hôtes te laissent dormir tranquillement mais les poules font la guerre sous le plancher. Foutue maison sur pilotis ! Alors tu te lève, un peu honteuse parce que les habitants sont debout depuis 5 heures et que tu t’es permis une grasse mat’ jusqu’à 7 heures, shame on you ! Et au réveil, alors que tu renifle encore le sommeil, on t’attaque direct à coup de riz gluant ou de nouilles avec des oeufs,  là où, traditionellement, tu te contente d’un paquet de clopes comme petit déjeuner. Rude la vie, je vous dis !

C’était vraiment bien, partagée entre le fait qu’on me traite comme une touriste et le fait que malgré tout, putain, on a pas croisé un seul étranger. Pas un seul, même pas un semblant de début de touriste. Du coup, les gens sur place ne se sont pas transformé en connard à force d’être traité comme du mobilier exotique, ils sont contents de voir des nouvelles têtes.
C’était fort plaisant, et les Muong ont un bon sens de l’humour. Une bonne surprise. Vraiment.
Pour les gens qui voudrait faire ce tour, vous pouvez vous renseigner sur le site de l’association FPSC (uniquement en espagnol et en anglais). Vous pouvez aussi contacter aussi directement Jaime, le monsieur qui a construit le tour (uniquement en espagnol et en anglais)  j.armenteros@fundacionfpsc.org

Pour le guide anglophone, demandez Mr Chien (Prononcez « chIenne ») comme guide, qui a un vrai bon contact avec les Muong, ils leurs enseignent l’anglais, et c’est lui qui a aidé à mettre ce circuit en place et Ms Quyen (Prononcez « hrouiyen ») comme guide local, elle est originaire de Ngoc Son, une petite bonne femme qui a fait toute la randonnée en tong en plastique, même pas mal, et qui est vraiment gentille. Pour les 100% francophones, vous pouvez demander un guide Français (Pour ceux qui n’aime pas être guidé, sachez que pour ce circuit là, avoir un guide est un précieux atout).

Merci à Léna pour les photos (j’étais trop occupée à survivre pour en prendre moi-même…)